Après la libération de Kherson, les Ukrainiens lorgnent la Crimée

Des soldats ukrainiens tirent sur des positions russes à l'extérieur de Bakhmout le 8 novembre 2022.

Dans la région de Kherson, la situation militaire s’améliore progressivement. Le Dniepr sépare nettement les deux camps ennemis, que l’on observe aux jumelles au-dessus de son cours majestueux. Les craintes initiales d’un piège russe conçu pour entraîner les troupes ukrainiennes dans des combats urbains meurtriers dans la ville de Kherson ne se sont pas concrétisées. Kiev a repris le contrôle des 4 500 km2 occupée par la Russie sur la rive droite du Dniepr.

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L’Ukraine a remporté une victoire avec de beaux paramètres, tout d’abord l’absence de sang civil. Utilisant des lanceurs de missiles HIMARS et de l’artillerie occidentale à partir d’août (César français, M777 américain, PzH-2000 allemand, entre autres), il brise les lignes logistiques de l’envahisseur et le force à battre en retraite. Rien d’évident dans cette contre-offensive dans une zone de steppe avec un obstacle naturel, la rivière des Ingoulets, mais très peu d’arbres pour faciliter les opérations d’infiltration.

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Il semble que les forces ukrainiennes n’avaient ni la supériorité numérique nécessaire à l’offensive, ni un nombre confortable de blindés pour protéger leurs troupes. La victoire de Kherson est la somme des renseignements et des armements occidentaux, qui ont permis aux forces de Kiev, dont l’arsenal national est à faible niveau d’eau, d’attaquer l’envahisseur rapidement et précisément jusqu’à 70 km au-delà de la ligne de front. Mais aussi et surtout de l’impressionnante bravoure et détermination des soldats ukrainiens à libérer leur territoire.

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Sur le front, la Russie semble avoir au moins réussi son évacuation, à en juger par l’absence de groupes massifs de soldats capturés dans l’opération. Selon toute vraisemblance, l’évacuation de la rive droite par les Russes était planifiée longtemps à l’avance, et avait commencé avant la mi-octobre, comme le montrent les images satellites publiées par le site d’investigation ukrainien Skhemi. Il ne fait aucun doute que l’état-major ukrainien en était conscient. Ne pouvant évacuer le matériel lourd, l’armée russe a été contrainte d’en détruire une partie, le reste s’ajoutant aux 2 500 “trophées” que l’armée ukrainienne avait déjà retournés contre son agresseur.

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La Crimée transformée en forteresse assiégée

Le retrait russe pose cependant de nombreux défis à l’Ukraine. Après s’être repliée derrière la large barrière naturelle formée par le Dniepr, la Russie a vu la ligne de front se réduire subitement de 300 km. Une opération amphibie pour attaquer frontalement la rive gauche semble extraordinairement risquée pour Kiev.

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