Rolex Paris Masters – L’antisèche : Novak Djokovic, un sang-froid à toute épreuve

Pourquoi et comment

Il y a des matchs dont l’analyse est moins évidente que d’autres. Et cette demi-finale du Rolex Paris Masters en fait assurément partie. À sens unique pour un peu plus d’un set, cela paraissait clair au premier coup d’œil, tant Novak Djokovic imposait sa loi, comme ses précédents tours. Et puis, Stefanos Tsitsipas s’est rebellé et le combat que promettait l’affiche a commencé, pour le plus grand plaisir d’un public d’autant plus ravi qu’il était aussi frustré qu’impressionné par la démonstration de Holger Rune. contre Félix Auger-Aliassime au début de le programme.

Mais s’il y a eu match, si la qualité de jeu était indéniablement au rendez-vous, le résultat a presque pris la forme d’une évidence. En vérité, l’égalité, décisive d’ailleurs, comporte toujours un élément d’incertitude. Oui, c’est Tsitsipas qui a pris la première option dans ce jeu ultime faisant le mini-break à 3 points partout. Oui encore, Djokovic a montré quelques signes de fatigue dans l’échange, notamment côté coup droit. Et pourtant, le voir s’en sortir n’était guère surprenant. C’est là que réside le paradoxe.

Djokovic bat Tsitsipas : “fatigué mais heureux”

Le sextuple vainqueur et tenant du titre avait cependant toutes les raisons d’être agacé par la tournure des événements. Non seulement à cause de son léger relâchement au milieu du deuxième set alors qu’il contrôlait parfaitement les événements, mais aussi et surtout à cause de son incapacité à convertir ses chances dans ce troisième set plein de suspense. A 1-1 comme à 4-4, il a mené deux fois 15/40 sur le service adverse, mais a vu ces quatre balles de break lui échapper sous le nez.

Mais le Serbe n’a montré aucun signe de gêne, comme s’il était convaincu que son heure viendrait. Il n’a jamais été mis en danger sur son service dans ce troisième set tous risques, alors que Tsitsipas cherchait étonnamment du public. Et c’est probablement sa plus grande force : cette capacité à rester “cool” sous pression pour se présenter au bon moment. Plus il fait chaud sur la terrasse, plus il a la tête froide. On le sait peut-être, ça reste bluffant.

L’instant clé

Il y en avait plusieurs, forcément dans un match qui s’est soldé par un match nul décisif. A commencer par la rébellion de Tsitsipas quand le Grec, mené 6-2, 1-0, 0/30, qui restait sur cinq matchs perdus, a enchaîné quatre points pour réchauffer pour la première fois le public parisien.

Mais le dernier tournant du match est évidemment à mettre au crédit de Djokovic. Alors qu’il mène 5 points à 4 au tie-break, le Serbe est poussé dans ses derniers retranchements, dominé dans l’échange. Instinctivement, il reste alors côté droit sur la dernière offensive de coup droit décroisé de Tsitsipas (ou il se trompe, selon le point de vue) et lance une passe plongeante qui rate son rival et lui offre deux balles de match. Il conclura sur le point suite aux débats d’effondrement autoritaire.

L’incroyable défense de Djokovic pour s’assurer deux balles de match

Statut : 4

Si Tsitsipas a repoussé Djokovic dans cette demi-finale, il a tout de même eu beaucoup de mal à représenter une réelle menace pour la relance. Dans les deux sets qu’il a remportés, le Serbe n’a perdu que quatre petits points au total sur son service (1 au premier et 3 au troisième). Avant le match nul décisif, il n’en a même perdu que 2 dans ce fameux dernier acte. Cette facilité de service est l’un des éléments clés pour expliquer le remarquable sang-froid dont il a su faire preuve jusqu’au bout.

La déclaration : Novak Djokovic

J’ai très bien commencé ce match. Plus tard, il a trouvé des solutions, il a élevé son niveau de jeu et, à un moment donné, il m’est devenu difficile de trouver le bon coup. Mais c’était bien que le match se soit joué comme ça au dernier moment, au dernier coup. L’ambiance était incroyable.”

Un revers victorieux et un regard déterminé : Djokovic ne laisse rien passer

La question : Djokovic a-t-il réussi le test dont il avait besoin ?

Jusqu’à présent, cela a été presque trop facile. Novak Djokovic a déroulé son tennis, avec une marge presque écœurante pour ses adversaires. Parlez à Lorenzo Musetti, écrasé sans ménagement en quart de finale (6-0, 6-3), qui a sans doute quitté le court central de Bercy terriblement frustré vendredi soir car il ne pouvait pas du tout exprimer son tennis. Et ce samedi, le Serbe a aussi débuté sa mi-temps sur le même rythme infernal avec une faute directe particulièrement petite commise dans le premier set.

Mais sa capacité à réagir en difficulté n’a donc pas été testée jusqu’à présent. C’est donc désormais chose faite. Face à un rival qui pouvait lui enlever la pression constante qu’il imposait, le “Djoker” a souffert, bouleversé tant dans la lutte psychologique que physique sur le court. On l’a vu à plusieurs reprises lutter pour reprendre son souffle, lui qui a fait preuve d’une fraîcheur remarquable depuis le début du tournoi.

Djokovic s’est donc incliné, mais il n’a jamais rompu. Un grand classique quand on connaît la bête à coup sûr, mais dont l’efficacité ne se dément jamais (ou presque). Ce type de test est susceptible de lui redonner confiance et de lui fournir les dernières informations dont il avait besoin avant la finale, dont il sera forcément le favori.

Pour Holger Rune, il s’agit probablement de prendre le problème à l’envers : Djokovic a eu le dernier mot mais il a montré quelques petits défauts, dont une baisse d’intensité dans le deuxième set, qu’il pourrait peut-être exploiter… si le Serbe . lui donne sa chance dimanche.

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